Je regarde par la fenêtre de mon petit bureau, mon espace de travail, de réflexion, de perdition. Je regarde par la fenêtre le vent jouer dans les cimes des arbres. La pluie s’est déjà abattue sur Montréal, le soleil a réapparu, le smog s’envole au vent pendant que Montréal adopte son rythme de fin de semaine. Les trottoirs sont bondés, les terrasses envahies, les poussettes tirent des mamans trentenaires heureuses et les bedaines s’exhibent à l’ombre des chandails de leurs propriétaires. Le platô vit au rythme du mois de septembre et du baby-boom québécois.

J’aime le mois de septembre au Québec. L’été a filé à une vitesse éclaire. À peine deux petits mois de chaleur, entrecoupés de pluie, de nuits fraiches, de mécontentements face à l’image rêvé de l’été chaud, mais pas trop, sec, mais pas trop, long, il peut l’être trop. Août traîne avec lui la rentrée des classes, le retour au bureau, le lancement de projets…..et l’automne. Et c’est là que Septembre entre en scène. Du haut de son estrade estival, il rappelle que l’été n’est pas fini, que les beaux jours vont nous accompagner encore 30 jours dans la lente descente hivernale. Il fera chaud, et soudain une nuit il fera froid. Comme un barman qui rappelle l’heure de la dernière tournée, septembre nous apprend à nous réaccoutumer à la fraicheur, une nuit à la fois.

La lumière est vive et le soleil prolonge sa force vitale en colorant les feuilles des arbres. Le vert s’estompe derrière l’éclat des rouges des érables, le feu des oranges, la chaleur des jaunes. Peu à peu notre peau se couvre et nos yeux restent accrochés à la lumière de l’été. Puis la lumière va tomber, tapisser nos allées, emmener nos pas vers nos chaumières où vont nous attendre les « partys » d’hiver. On fait de la compote de pommes, des conserves de tomates, on emprisonne les couleurs et la chaleur dans des bocaux, dans des photos, sous nos couettes. On aura bientôt hâte qu’il neige, puis on aura hâte qu’il fasse chaud.

En attendant, il fait chaud. En attendant, c’est septembre et tout est beau. En attendant les terrasses sont pleines, les pistes cyclables embouteillées, le parc Laurier accueille l’éco-festival, les concerts inondent les bars, les activités remplissent le Voir. Électrique en birkenstock, j’adôôôre Montréal !

 

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Coucher de soleil sur les Alpes des vacances de mon enfance…c’est beau quand même.

Il est un temps pour chaque chose et une chose pour chaque temps. La photo du lundi va, sur son biorythme, en suivant l’impermanence de l’éphémère, et revient. Aooooom !

temple bouddhiste vietnamien

Découverte poétique en suivant les chemins tortueux (des lignes droites parfois courbes…non je n’ai  pas voulu dire fourbes), du Nord québécois (comprendre : les 200 kms qui séparent Montréal de Mont-tremblant), les biens nommées Laurentides. Un temple, une pagode, posé au milieu des sapins, le long d’une route en sable tapé, sur laquelle le promeneur automobile dominicale ne peut s’empêcher de se demander « tu imagines ici en hiver ?? Pas facile d’aller chercher des oeufs au dépanneur ! » (essayez la prochaine fois, pour voir si ce genre de commentaires ne vous viendraient pas naturellement à l’esprit)

……brmbrm….

esprit commentateur sort de ce texte (oh eh oh, l’aut’ est….il est pas juste à toi le texte d’abord….pffff…..meuneumeuneu)

Plus dur d’entretenir un blog d’anecdotes régulières et épiques lorsque nous rechaussons avec complaisance les charentaises confortables du quotidien, de son chez-soi, de la routine quoi. Et oui, je pensais que le Québec gardait pour moi son lot de surprises, mais je m’aperçois qu’il m’est plus difficile qu’au Panama d’y porter un regard curieux, voire amusé, mais toujours émerveillé de la diversité et des manifestations.

Anecdotes : avez-vous déjà été victimes de la « conversation d’Ascenseur? » : elle peut avoir lieu Dans l’Ascenseur ou Devant l’Ascenseur. C’est cette conversation circonscrite dans le temps, le regard posé sur les étages qui montent et qui descendent et l’attention focalisée plus sur la longueur de la phrase que sur le contenu de la phrase même.

Dans nos sociétés modernes, où le temps est de l’argent, où il est de bon ton d’avoir milles choses à faire et de rentabiliser chaque minute, le temps pour les badineries se trouvent entre deux portes d’ascenseurs. L’autre jour, partant du bureau à une heure raisonnable, je me retrouve à franchir la porte dudit bureau avec une collègue que j’aime bien. Nous engageons une conversation sur la journée et le reste de la soirée qui nous porte progressivement jusqu’à l’ascenseur. Et là ! le stress commence. Une fois que la porte de l’ascenseur s’ouvrira, que je rentrerai dans ladite machine, la conversation sera terminée (ma collègue ne descendait pas avec moi). Il faut alors gérer la conversation dans un laps de temps prédéterminé pour une conversation qui, de toute évidence, ne se suffirait pas de ces quelques minutes octroyées par les 10 étages à monter pour l’ascenseur. Il faut alors éviter surtout de commencer tout nouveau sujet de conversation, répondre évasivement, cesser de s’intéresser. Et pour ceux qui me connaissent, le défi est de taille : c’est comme si la dernière minute suscitait en moi un torrent de questions sans réponse qui me laissèrent finalement agonisante de conversation inassouvie, seule dans un ascenseur sans miroir, en route vers le dehors, que la grisaille des pluies du mois de mai était en train de repeindre.

Pendant ce temps, dans le Nord ….

« ils ne m’ont pas vu, Bob »

Wapiti

…vous aurez compris que j’ai décidé de poursuivre la tenue régulière de ce blog. J’ai aimé l’expérience et en plus c’est un bon moyen de garder le contact avec les amis, ceux qu’on se fait et qu’on garde aux quatre coins de ce beau, très beau même, monde.

À suivre donc…

Vous vivez un retour difficile à la civilisation? un petit cafard ? un SPM ? une rage nationale ? un chagrin animal ?

Voici l’antidote universel à la morosité. Gaieté garantie

Oser regarder la réalité en face.

Et voilà, c’est fini le Panama. Ça y est, je suis de retour au pays de la cabane à sucre, du printemps éclair et de l’été tardif. J’ai remis les pieds sur les étriers de mon vélo, les cheveux aux vents, le sourire aux lèvres, heureuse de retrouver une ville où on entend les oiseaux chanter, où les pistes cyclables sont existantes et encombrées le matin, où le calendrier culturel affiche tous les soirs complet, où les paniers de légumes bio arrivent à votre porte tous les mercredis, où il y a des bisous le soir avant de se coucher.

Me voilà de retour devant un ordinateur qui fonctionne rapidement, qui bénéficie d’un technicien maison en cas de problème, dans un bureau où le silence est la règle et le moindre bruit une source d’angoisse….ne pas déranger la tranquilité individuelle surtout !

J’ai rembarqué dans un rythme productif effréné entourée de surmotivés, dans un immeuble où on part l’air climatisé dès que les rayons du soleil ont osé dépasser les 14 degrés, dans une société où on parle d’achat de condos (condominium = appartement), d’assurance de voiture, d’impôts, de congés restreints, d’élections présidentielles, provinciales ou fédérales…

Mais voilà, quand en plus le thermomètre redescend en dessous des 16 degrés, et bien ça revient. J’ai la nostalgie des plages et de l’eau à 29 degrés, de la chmoiteur ambiante, de la nonchalance journalière. On parle toujours du choc culturel de récent arrivé dans un pays différent. Mais on parle moins du choc culturel de retour, comme un décalage horaire, mais étalé sur plus longtemps.

On commence par dire « gracias » dans toutes les boutiques. Ensuite, on continue par chanter des chansons latino kitsch à tue-tête dans l’appartement, pour faire du bruit comme dans un bus ou un taxi, et pour se sentir comme dans son quartier. On poursuit en cuisinant du riz et des patacones bien huilées. Et on finit par rêver transpirer sans rien faire. On dit que pour se remettre d’un décalage horaire, il faut un jour par heure de décalage.

Et pour six mois, il faut combien ? Hein ?

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Bonjour à toutes et à tous fidèles lecteurs. Je l’avoue j’ai tardé à mettre ce site à jour. C’est que je dois affronter plusieurs épreuves difficiles depuis mon retour : outre le fait de réapprendre le français, m’occuper de mes impôts, rentrer dans un rythme effréné de 9h à 17h00 et tuer le dragon pour accéder au donjon, je dois aussi, comme tout le monde, attendre le 15 mai que l’été daigne s’installer au Québec.

En attendant, alors que tout le monde célèbre les maigres 15 degrés qui s’installent à Montréal, moi…..j’ai froiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid !!!!!!!!!!!!!!

back to Montreal

Nous avons donc grimpé ce fameux Volcan, le point le plus haut de Panama, un gros 3400 m d’altitude quand même. Départ à 6h30 du matin, on passe se prendre un café et en route. On sait que nous attendent entre 5 et 6 heures de montée et un peu moins de descente. Le chemin est large, mais arpenté, sablonneux et recouvert de pierres rondes qui glissent à chacun de nos pas. On avance dans une forêt tropicale, entourés des gens d’oiseaux les plus improbables. Je cherche désespérement le fameux Quetzales, qui habite la région, mais point ne le verrai de toute la journée.

A partir du 9 kilomètres de montée, sur 15 km, nous avons déjà fait 1000 mètres de dénivelés (nous sommes partis à 1600 mètres d’altitude) et il nous en reste 800….juste pour vous dresser le topo. On en a marre à tour de rôle, et je commence à penser avec délection à la journée suivante, quand on aura fini de monter, qu’on aura descendu tout ça et qu’on aura bien dormi….allez se baigner dans les bains thermaux de Caldera !!!

La descente est aussi belle que la montée, la végétation est vraiment magnifique, et le paysage de montage alentour ressemblerait presque aux Alpes (ce à quoi cette région est comparée dans tous les guides, c’est pas parce que je viens de là que je le dis). Mais on arrive en bas, sur les rotules, et c’est peu de le dire.

Le lendemain, je me réveille toute guillerette : un bon bain d’eau chaude va nous requinquer tout ça. Nous allons y aller en bus, le moyen le plus économique et le plus intéressant pour voyager. Comme nous sommes au Panama quand mème, le bus tarde à venir et nous décollons vers 13h00.

Au fur et à mesure du trajet, l’air se fait plus chaud dans le bus. Les fenêtres sont grandes ouvertes et on retrouve la chmoiteur panaménne si typique. Descendus à Caldera, on sue. Mais, c’est qu’il fait vraiment chaud…..et nous dirigeons vers des sources d’eau chaude !! La perspective est tout à coup moins joyeuse. Un bain à 40 degrés c’est délectable quand il fait 15 ou – 15 dehors. Mais quand il fait presque 35 degrés à l’ombre …. Nous faisons fi de ces considérations et nous dirigeons d’un pas alerte vers notre marmite à écrevisses !

30 minutes de marche poussiéreuse plus tard, nous arrivons à la jolie ferme qui abrite les sources d’eau chaude. On nous indique 3 bains entourés de pierre, posés au milieu de la ferme, des chevaux, des oies, et des ouvriers en train de construire une nouvelle bâtisse. On se plonge dans le bain à 40 degrés en rêvant de la riviére froide toute proche.

Le propriétaire des lieux vient alors nous saluer dans notre casserole de pierre, pour nous dire que dans la riviére en contre-bas, on peut aussi trouver un bassin d’eau chaude à côté de la rivière d’eau froide….Ils nous offrent aussi de retourner prendre le bus en cheval…pour 5 dollars chacun.

Le bain dans la rivière chaude et froide sera très agréable, pendant que le retour en cheval devra être remis à plus tard. Aprés avoir attendu 30 minutes le gars des chevaux, celui-ci revient pour nous dire qu’il n’y avait pas assez de chevaux. Cela nous a donc donné l’occasion de retourner rapidement au village pour attraper le dernier bus, de suer tout ce que nous venions de laver, et de louper le bus qui passait une demi-heure plus tôt.

Nous avons donc pris un autre bus et fait du stop pour rentrer, histoire de voyager dans la boîte d’un pick-up et rencontrer un panaméen récemment installé à Boquete.

Demain, direction Bocas del Toro où ils manquent d’eau depuis 15 jours. On aime les défis !

Nous voici sur la route, On the road, les cheveux aux vents, les yeux grands ouverts, le Lonely Planet sous le bras, direction : Le Panama, celui des touristes. D’ailleurs depuis que Jeff est arrivée je suis officiellement passée dans le camp des touristes, deux grands tout blancs (ou en train de peler….cf coup de soleil à Kuna Yala), ça ne passe pas inaperçu.

Fini le temps où j’apparaissais comme une blonde en phase d’immigration au Panama : fini les sifflements dans la rue (c’est à croire que j’avais inventé tout ça), fini les prix panaméens. Nous sommes passés au prix touristes, ce qui me cause de nombreux fou rires face aux taxistas :

– « non mais franchement, je ne vais pas payer 7 dollars pour aller jusqu’au terminal. C’est 2 dollars plus 25 cents par passager supplémentaire »….

et ils finissent par accepter mais c’est un combat perpétuel. On nous parle en anglais partout, même lorsqu’on leur répond en espagnol. Nous avons passé 4 jours à Kuna Yala la semaine dernière : fantastique et paradisiaque. Des îles désertes où nous n’ètions jamais seuls : habiter d’une famille Kuna, des palmiers, d’iguanes, et des familiers de la famille qui arrivent le matin à 6 heures, pour faire leur tour.

Et nous avons ici aussi subi l’influence « haro sur le touriste » : le bâteau à moteur que l’on nous loue 25$ par jour « prix d’amis »….la nuit sur l’île presque déserte, tout compris (ce qui veut dire un toit, un hamac, une chaise longue et la course jusqu’à l’île), pour 40$….

Alors quand Elvira m’a demandé par téléphone de lui ramener du poisson fumé, j’ai bien précisé « je veux du poisson fumé pour 5$….mais prix kuna….pas prix touristes, histoire de ramener la bonne quantité de poisson à Elvira…

Enfin, nous sommes maintenant à Boquete, loin de la tourmente automobile de Panama, loin du stress de la grande ville, des multiples bus à prendre. Boquete est le seul village « frais » du Panama, à 1060 m d’altitude, en bas du Volcan Barú que nous avons monté hier en 10 heures pour avoir une belle vue sur les nuages qui l’emprisonnaient. Mais c’est pas grave. Ici les gens vous laissent passer pour traverser la rue, vous disent bonjour quand vous attendez à l’arrêt de bus. C’est agréable !

Finalement on est des touristes au milieu des touristes, je commence à accepter notre statut…surtout quand les prix sont fixes.

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